Vendredi 6 avril, de 15h à 19h, dédicace de J.S Bordas pour LE RECUL DU FUSIL T2 aux éditions Soleil et de Laurent Maffre pour DEMAIN DEMAIN, édition Actes sud, de 16h à 19h.
Comme d'habitude, pour participer à cette séance de dédicace, n'hésitez pas à appeler pour vous inscrire au 01 40 27 88 63...
Présentation des albums par les éditeurs :
Le recul du fusil tome 2 : les batailles
Fernand Tormes a dû fuir Paris. La capitale recélait tellement de jolies filles, soufflait tant d'idées révolutionnaires, et goûtait tellement la frivolité, qu'il fréquenta à grand peine la fac de médecine, mais souvent couru les nuits parisiennes. Malheureusement pour lui, la femme qui le faisait rêver était mariée, et le mari, jaloux. Dans la bagarre, le mari fit une mauvaise chute, alors Fernand prit peur et rejoignit ses copains communistes sur un quai de gare, pour un train en partance vers l'Espagne en pleine guerre civile... À peine arrivé sur les lignes républicaines, le jeune homme confronte son romantisme à la réalité. Ayant un peu exagéré sa formation médicale au moment de l'inscription dans les Brigades Internationales, le voici affecté au service ambulancier avec Pauline, qui y est infirmière. Mais Fernand supporte mal de voir arriver les brancards de loin, en se demandant à chaque fois lequel de ses copains s'y trouve allongé et dans quel état. Il demande alors sa mutation dans l'infanterie...
Demain, demain
1962, alors que la guerre d’Algérie prend fin, Soraya débarque à Orly, avec ses deux enfants. Ils sont venus rejoindre Kader, le chef de famille, arrivé en France quelques années plus tôt pour contribuer par son travail, comme beaucoup d’autres immigrés, au miracle des Trente glorieuses. Car la France des années 1950, en pleine relance économique liée à la reconstruction de l’après-guerre, favorisait à cette époque l’immigration des Portugais, des Espagnols et des Maghrébins pour fournir une main d’oeuvre bon marché aux industries du bâtiment et de l’automobile. Evidemment personne n’avait pensé à loger ces nouveaux prolétaires qui n’avaient d’autre alternative que de s’installer dans des baraquements en périphérie des grandes villes non loin des chantiers et des usines. Ainsi Kader habite le bidonville de La Folie à Nanterre et c’est là que la petite famille regroupée va s’installer.
Monique Hervo, militante et témoin de l’époque, a vécu 12 ans à «La Folie», le plus vaste et le plus précaire des bidonvilles de Nanterre. En 1959, elle décrivait dans son journal son arrivée : “Des milliers de tôles enchevêtrées se mêlent à des briques cassées : La Folie. Des moutons broutent l’herbe alentour. Gravats et vieilles ferrailles traînent aux abords de cette étrange cité, reliquats des déchets déversés ici par des entreprises : une décharge publique ! Je contourne le bidonville. Je n’ose y pénétrer. Je suis une intruse. [...] Situées derrière le palais de La Défense en construction luisant de blancheur, les baraques s’agrippent les unes aux autres dans un décor de débris de matériaux usés. Les chemins sont vides. Tout semble inerte.”
Laurent Maffre, dans son récit très documenté, nourri de témoignages, va suivre sur quatre ans les tribulations, le quotidien de cette famille, leurs conditions de vie, leurs espoirs et leurs désillusions. Si tous se souviennent encore ici de la manifestation du 17 octobre 1961, la vie continue avec pour priorité la quête d’un logement décent. Mais c’est sans compter sur les obstacles que l’administration française de l’époque lève face à eux. Un album on ne peut plus actuel alors que la xénophobie est devenue plus que jamais le fond de commerce de politiciens dévoyés.
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